Soldat de 2e classe BOURGEOIS René

 

DATE DE NAISSANCE

4 mars 1887

LIEU DE NAISSANCE

Brion (Yonne)

UNITÉ

44e Bataillon de Chasseurs

NUMÉRO MATRICULE

1897

CLASSE

1907

CENTRE DE RECRUTEMENT

Sens (Yonne)

DATE DE DÉCÈS (ÂGE)

2 octobre 1914 (27 ans)

LIEU DE DÉCÈS

Neuvireuil (Pas de Calais)

NATURE DU DÉCÈS

Suites de blessures de guerre

LIEU D’INHUMATION

 

 

En octobre 1914, le 44e Bataillon de Chasseurs se bat au nord-est d’Arras dans le Pas de Calais. C'est la Course à la Mer. Chaque armée tente de déborder l'autre par des mouvements rapides qui les poussent toujours plus loin vers la Mer du Nord.
Voici le récit de la journée du 2 octobre 1914 tirée du journal de marche et d’opérations du bataillon :

« Départ du Bataillon à 6 h 45.
L’ennemi occupant Douai et les villages du nord-ouest, la 139e Brigade se porte par Bois Bernard et Neuvireuil sur Fresne les Montauban, couverte à gauche par le 269e, un escadron de cavalerie, un groupe d’artillerie qui marchent sur Izel les Equerchin et Vitry en Artois.
9 h 30, le 42e Bataillon de Chasseur, avant-garde ne pouvant déboucher de Neuvireuil en raison de l’intensité du feu ennemi, la 9e compagnie du 44e Bataillon déborde à gauche pour le prolonger entre le village et la Ferme Montville.
Cette compagnie est en but à des feux d’infanterie, de mitrailleuses et d’artillerie. Elle réussit à progresser néanmoins mais doit finalement s’arrêter en raison des pertes subies. Un des lieutenants est tué, le capitaine est blessé deux fois, conserve le commandement de sa compagnie et c’est au moment où menacé d’être débordé complètement par la gauche il ordonnait l’attaque à la baïonnette, qu’il a été tué.
L’attitude de cette compagnie est digne des plus grands éloges. Entrainée par l’exemple d’un chef qu’elle affectionnait et en qui elle avait confiance, elle s’est fait anéantir sur place sans reculer d’un pas. Les pertes de cette compagnie en fin de journée sont de :
4 officiers tués, 2 officiers blessés,
337 chasseurs tués, blessés ou disparus.
La 7e compagnie appelée à se déployer entre le village et la 9e compagnie qui avait laissé un intervalle assez grand à sa place ne réussit à mettre en ligne que 2 sections qui ne peuvent progresser par suite de la violence du feu ennemi et particulièrement efficace. La contenance de ces 2 sections sous le feu est également digne d’éloges.
La 8e compagnie eut pour mission de prolonger à droite le 42e Bataillon de Chasseurs. Elle a pu atteindre la lisière du village d’où elle n’a pu déboucher. Ses fractions soumises à un feu intense de mitrailleuses et d’artillerie lourde de campagne sont restées en plan sans faiblir.
Les lieutenants Eude et Régall, ce dernier blessé à la jambe est évacué.
Le 269e et le 226e prolongeant les Bataillons à gauche (42e et 44e) ayant été repoussés, la 10e compagnie a été déployée en échelon à gauche pour protéger la section de mitrailleuses et le flanc gauche de la 9e compagnie. Elle a rempli sa mission jusqu’à la dernière minute (le lieutenant Roussel est blessé).
En présence du recul des troupes voisines : 14e Brigade à droite, les 42e et 44e Bataillons de Chasseurs, menacés d’être entourés, profitèrent des premiers instants de la nuit pour se replier sur le village du Fresnoy qu’ils mirent aussitôt en état de défense.
Sauf quatre hommes de la 9e compagnie restant à ce moment, le Bataillon est chargé de la défense de la partie ouest du village : 10e compagnie à gauche, 8e compagnie au centre, 7e compagnie à droite. »