Soldat de 1ère classe BEUGNON Louis

 

DATE DE NAISSANCE

20 septembre 1879

LIEU DE NAISSANCE

Brion (Yonne)

UNITÉ

331e Régiment d’Infanterie

NUMÉRO MATRICULE

4411

CLASSE

1899

CENTRE DE RECRUTEMENT

Sens (Yonne)

DATE DE DÉCÈS (ÂGE)

30 octobre 1914 (35 ans)

LIEU DE DÉCÈS

Vauquois (Meuse)

NATURE DU DÉCÈS

Tué à l’ennemi

LIEU D’INHUMATION

 

 

En octobre 1914, le 331e Régiment d’Infanterie est engagé à Vauquois, petit village d’Argonne situé entre Châlons en Champagne et Verdun.
Voici le récit de la journée du 30 octobre 1914 tirée du journal de marche et d’opérations du régiment :

« L’ordre d’opérations pour la journée du 30 prescrit de continuer les efforts sur Vauquois avec 1 bataillon (commandant Baudot) posté entre Cigalerie et la Lisière.
2 compagnies du 46e (capitaine Demennynck) occupant les bâtiments de la Cigalerie et la Lisière.
2 compagnies du 46e occupant le Bois Noir.
1 bataillon du 331e (capitaine Gerberon) en réserve. Ce bataillon a été relevé des avant-postes sur le front Fonderie – Pont des Quatre Enfants par un bataillon du 31e.
1 section de 65 de montagne.
L’attaque de l’infanterie doit être précédée par une forte préparation de l’artillerie.
Les dispositions suivantes sont prises :
L’attaque principale se prononcera par la Cigalerie directement sur Vauquois à la faveur de l’angle mort que présentent les pentes. Elle sera dirigée par le capitaine Demennynck qui disposera des 2 compagnies du 46e de la Cigalerie, de 2 compagnies du bataillon du 331e de réserve (Gerberon) et de la compagnie de gauche du bataillon Baudot.
Les 3 autres compagnies du bataillon Baudot appuyant le mouvement en surveillant le Bois de Cheppy.
Les 2 compagnies du 46e du Bois Noir marcheront par Vauquois par la Côte 253.
La section de 65 se placera en position d’attente que sud-ouest de l’éperon de la Cigalerie, prête à ouvrir le feu sur les tranchées ou mitrailleuses ennemies qui viendraient à se révéler sur les pentes de Vauquois.
Une section de mitrailleuses restera face au Bois de Cheppy, l’autre section à la lisière nord, la section du 31e au sommet de l’éperon de la Cigalerie, ces deux dernières face à Vauquois.
Resteront en réserve sur le flanc sud du mamelon Cigalerie :
2 compagnies du 331e et 1 compagnie du 31e (capitaine Arnaud).
La compagnie Constant du 31e qui occupe les tranchées de crête de la Cigalerie appuiera l’attaque par ses feux.
Jusqu’à 9 heures du matin l’artillerie lourde envoie de loin en loin quelques obus sur Vauquois. Vers 10 h 15 le bombardement devient plus sérieux surtout sur la partie est du village.
A 10 h 30, le général de division fait connaitre que le bombardement intense aura lieu jusqu’à midi et que l’ordre d’attaque pourra être donné dès que son effet aura été jugé suffisant.
L’ordre d’attaque est donné (peu après, le commandement fait savoir que l’artillerie devra être prévenue 20 minutes avant le commencement de l’attaque).
Le feu de l’artillerie sur Vauquois se ralentit et est suppléé partiellement par un tir rapide de la section de 65 qui démolit les tranchées ouest de Vauquois, par le feu des sections de mitrailleuses et de la compagnie Constant du 31e.
Les 5 compagnies désignées pour l’attaque principale entament simultanément leur mouvement sur Vauquois.
Les 3 compagnies de droite ne réussissent pas à déborder, elles sont bouclées à la lisière par le feu des tranchées ennemies, seul un groupe du 46e emmené par le capitaine Demennynck sort des tranchées, mais il ne peut dépasser les prairies marécageuses qui entourent la Cigalerie.
Les 2 compagnies de gauche, enlevées dans un élan admirable par le capitaine Gerberon, sortent du bois, se jettent malgré des pertes sérieuses, dans l’angle mort au pied de Vauquois et commencent à gravir les pentes, gagnant les talus successifs.
Les 2 compagnies du Bois Noir, prises de flanc et de front, ne peuvent en déboucher.
La fusillade ennemie est trop efficace, l’attaque s’arrête.
Une compagnie de réserve (21e) envoyée en renforts pour entrainer la progression hors de la lisière ne peut en sortir.
Essaimées en petits groupes ayant sérieusement souffert, les compagnies Gerberon sont clouées au sol.
A 11 h 40, l’artillerie allemande arrose la lisière de la Cigalerie, la route de Vauquois à la Ferme des Allieux, la lisière du Bois Noir, puis fait un tir dérèglé sur l’avant-garde et la forêt entre Maize et Forimond.
Il n’y a plus rien à faire, l’attaque est arrêtée.
Les positions s’organisent pour parer à un retour offensif possible, l’observateur d’artillerie de la Cigalerie ayant annoncé que 4 bataillons allemands marchent de Cheppy sur la Côte 239 (nord de Vauquois).
Toute la nuit est employée par les brancardiers régimentaires à relever les blessés.
Les brancardiers divisionnaires, appelés à 21 heures pour assurer leur transport, ne commencent leur service que le lendemain à 5 h 30. »

Pertes pour les 28, 29 et 30 octobre 1914 :
Officiers :
2 blessés
Troupe :
56 tués (dont le soldat de 1ère classe Louis Beugnon),
163 blessés,
43 disparus (présumés tués)