Soldat de 2e classe BERTRAND Édouard

 

DATE DE NAISSANCE

8 décembre 1882

LIEU DE NAISSANCE

Brion (Yonne)

UNITÉ

289e Régiment d’Infanterie

NUMÉRO MATRICULE

5361

CLASSE

1902

CENTRE DE RECRUTEMENT

Sens (Yonne)

DATE DE DÉCÈS (ÂGE)

14 janvier 1915 (33 ans)

LIEU DE DÉCÈS

Crouy (Aisne)

NATURE DU DÉCÈS

Tué à l’ennemi

LIEU D’INHUMATION

 

 

Le 14 janvier 1915, le 289e Régiment d’Infanterie est engagé dans la bataille de Crouy, également appelée « Affaire de Crouy ». Crouy est un village situé au nord de Soissons qui fut l’enjeu de furieux combats entre le 8 et le 13 janvier 1915.
L’écrivain Henri Barbusse participa à cette bataille et dédia son livre Le Feu « À la mémoire des camarades tombés à côté de moi à Crouy et sur la côte 119 ».
Le journal de marche et d’opérations du régiment s’arrête au 13 janvier 1915. Nous n’avons donc pas de récit de la journée où le soldat Édouard Bertrand est mort.

La bataille de Crouy :
Le but de cette bataille est de prendre aux allemands les hauteurs sur lesquelles ils sont établis au nord de Soissons.

8 janvier 1915, après un bombardement d’artillerie qui surprend les allemands, l’infanterie française s’élance. Les allemands sont désemparés et n’opposent qu’une faible résistance. Les français atteignent l’éperon 132 et s’y installent. Trois lignes de tranchées allemandes sont conquises.

9 janvier 1915, la journée commence par un duel d’artillerie. Les défenses accessoires volent en éclats. Les assauts de l’infanterie française se poursuivent.

10 janvier 1915, à 17 h 00 deux nouvelles lignes de tranchées allemandes sont conquises. Quelques soldats, grisés par la victoire, se laissent aller à dépasser les objectifs. Ils perdent contact avec les lignes françaises et se retrouvent encerclés par les allemands. Sommés de se rendre, ils refusent et sont anéantis par les allemands.

11 janvier 1915, l’artillerie française fait des ravages. Sous la pluie et dans la boue, les soldats français montent à l’assaut. Les renforts allemands arrivent et la résistance devient plus opiniâtre. Les pluies torrentielles des derniers jours font monter le cours de l’Aisne à l’arrière des lignes françaises. Dans la nuit du 11 au 12, l’Aisne déborde et menace d’emporter les ponts de bateaux et de couper les français de leurs arrières.

12 janvier 1915, les allemands contre-attaquent violemment. Ils s’emparent d’un seul bond de l’éperon 132, du village de Crouy et de 3 lignes de tranchées françaises. Dans la soirée, les français contre-attaquent et gagnent un peu de terrain mais les renforts allemands continuent d’arriver et culbutent l’attaque française. Deux ponts sur l’Aisne sont détruits, il n’en reste plus qu’un et une passerelle. La retraite par échelon est ordonnée du côté français. Une nouvelle contre-attaque devra contenir les allemands et dissimuler les mouvements de recul. Cette contre-attaque est confiée au général Nivelle.

13 janvier 1915, à 6 heures du matin, une assez faible partie des troupes françaises avait pu repasser l’Aisne. Les soldats retraitaient en combattant. Le 289e Régiment d’Infanterie fut quasiment anéanti durant cette phase des combats. Les troupes françaises finissent par passer la rivière et se retranchent dans les villages de Vénizy et Billy après avoir fait sauter l’un des derniers ponts. Les soldats du 289e RI trouvent refuge dans le cimetière de Billy sur lequel s’abat une pluie d’obus allemands. Le dernier pont de bateaux est emporté par la crue de l’Aisne. Les derniers défenseurs français sont coincés sur l’autre rive de l’Aisne. L’artillerie allemande fait des ravages dans les rangs des soldats immobilisés du mauvais côté de la rivière.

14 janvier 1915, à l’aube, l’infanterie allemande descend du plateau pour tenter le passage de l’Aisne mais elle est repoussée par les feux d’artillerie et d’infanterie français. Les allemands finissent par se retrancher prudemment sur le plateau sous le bombardement français. Le recul français avait atteint 1800 mètres. C’est au cours de cette journée qu’Édouard Bertrand fut tué.